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Des vitrines endommagées, le 25 novembre 2018 sur les Champs-Elysées.
Des vitrines endommagées, le 25 novembre 2018 sur les Champs-Elysées. (FRANCOIS GUILLOT / AFP)

En cette période importante des soldes, les commerçants sont inquiets. Certaines entreprises recourent au chômage technique, et en même temps, selon l’agence de notation Standard and Poor’s, cette crise ne semble pas si grave.

Près de 60.000 salariés au chômage partiel dans 4 000 entreprises, dont un millier de commerces

Ce bilan dressé par Bercy donne déjà une idée assez précise des conséquences de la crise des gilets jaunes. Elles sont surtout négatives dans les PME et en particulier dans la distribution. Les commerçants misent sur les soldes d’hiver pour compenser mais ils ne sont pas certains de renflouer suffisamment leur trésorerie. Dans l'habillement, ils ont déjà constaté une chute de 20% de leur chiffre d'affaire avant Noël et le secteur redoute des dépôts de bilan d'ici quelques mois.  

De son côté, la fédération du commerce et de la distribution estime le manque à gagner à deux milliards d'euros, dont 300 à 500 millions de perte pour la grande distribution. Le Printemps Haussmann par exemple à Paris, sur les grands boulevards, a perdu 7% de chiffre d'affaire sur un an, tandis que la Fnac elle a perdu 45 millions d'euros, soit environ 0,6% de son chiffre d'affaire.  

Enfin, dans l'entourage de certains grands patrons, on s'inquiète surtout des effets de cette crise sur l'image de la France à l'étranger, et donc, sur l’attractivité du pays.   

"Moins de nuages dans le ciel français en 2019"

Et en même temps, l’agence de notation Standard and Poor’s se montre bien moins pessimiste pour 2019, son bilan est plus nuancé. "Non seulement la croissance est stable, le pouvoir d'achat en hausse, de 1,2 à 1,6%, le chômage devrait baisser", mais elle estime aussi que la crise des gilets jaunes "n'a pas forcément un impact aussi négatif qu'on le pense, à court terme".

"Quand il y a un cataclysme, précise Sylvain Broyer, chef économiste pour l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique, il y a ensuite une phase de reconstruction qui dynamise l'activité, donc attention à ne pas être trop pessimiste à court terme, cela peut même être positif", prévient-il !  

Des interrogations dans le monde de la finance  

En revanche, à plus long terme, cette agence de notation estime qu’il ne faudrait pas que ce mouvement des gilets jaunes freine le train des réformes annoncées par Emmanuel Macron. 

Cette agence tient beaucoup en particulier à la réforme de l'assurance-chômage qui devrait avoir un "impact clé sur la croissance et sur la capacité de la France à créer des emplois" selon Sylvain Broyer. 2019 est une année de transition pour cette agence de notation et la crise des gilets jaunes ne devrait pas dégrader la note de la France. Voilà de quoi rassurer certains investisseurs.  

D'ailleurs, l'autorité des marchés financiers ne constate pas d'effet des blocages sur l'arrivée des investisseurs ou leur relocalisation à Paris, même si les investisseurs s'interrogent à long terme "sur la pérennité du mouvement". "Quand ils regardent les images de Paris depuis Tokyo ou New York, ils se posent des questions sur la sécurité de leur personnel" assure à l’AFP le patron de l’AMF.      

Source de l'article : https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/le-mot-de-l-eco/le-mot-de-l-eco-quelles-consequences-de-la-crise-des-gilets-jaunes-sur-l-economie-francaise-en-2019_3120923.html#xtor=RSS-3-[monde]
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