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Le cortège portant les cercueils de Simone et d'Antoine Veil arrive au Panthéon.
Le cortège portant les cercueils de Simone et d'Antoine Veil arrive au Panthéon. — Blondet Eliot-POOL/SIPA
  • Simone et Antoine Veil sont entrés au Panthéon dimanche. 
  • Emmanuel Macron a profité de cet événement pour rendre hommage aux femmes que la République n'avait pas honorées. 
  • Pour beaucoup de Français présents à la cérémonie, Simone Veil est un exemple. 

Pour l’entrée au Panthéon de Simone et d’Antoine Veil ce dimanche, la République n’avait pas déroulé le tapis rouge. A la place, c’est un tapis bleu qui avait été posé de la rue Soufflot jusqu’à l’intérieur du temple républicain. Selon l’Elysée, cette couleur « symbolise la Paix, l’entente entre les peuples, et bien sûr, l’Europe » : des thèmes chers à celle qui connut l’enfer d’Auschwitz avant de se battre pour la construction européenne et de devenir présidente du Parlement européen en 1979.

Ce nouvel hommage, après celui rendu aux Invalides en 2017 juste après sa mort, a attiré des milliers de personnes en plein cœur de Paris. « C’est très important pour moi d’être là, explique Karine, une enseignante venue de Drancy (Seine-Saint-Denis). C’est quelqu’un que je suis depuis très longtemps. C’est une femme hors du commun ». En attendant le passage du cortège, elle feuillette une BD sur la vie de Simone Veil : « C’est pour mes élèves. Je la mettrai au fond de la classe afin qu’ils puissent la découvrir ».

« Aujourd’hui, on retrouve des petites « Simone Veil » un peu partout »

Au moment où les deux cercueils font leur apparition, la foule applaudit, comme pour remercier une dernière fois celle qui fut pour beaucoup une héroïne de la vraie vie. « Simone Veil, c’est quelqu’un qui a valorisé la Femme, affirme Catherine. Elle l’a fait de manière très moderne, elle était très courageuse et n’avait pas froid aux yeux ». Pour symboliser cet engagement, le cortège a d’ailleurs marqué un arrêt devant l’un des panneaux retraçant la vie de l’académicienne : celui commémorant la « loi Veil » de 1975 sur l’interruption volontaire de grossesse (IVG).

Au moment de son discours, Emmanuel Macron n’a pas manqué de rappeler qu’elle avait défendu cette loi « pour les femmes meurtries dans leur chair, dans leur âme, par les faiseuses d’anges [celles qui pratiquaient des avortements clandestins], pour les femmes qui devaient cacher leur détresse ou la honte ». Avant de déclarer : « Avec Simone Veil entrent ici ces générations de femmes qui ont fait la France, sans que la nation leur offre la reconnaissance et la liberté qui leur était due ». « Aujourd’hui, on retrouve des petites « Simone Veil » un peu partout » se réjouit Catherine.

Aux côtés de Jean Moulin et Jean Monnet

Elle ne se trompe pas. A quelques mètres d’elle, Clémence est venue exprès d’Angers pour la cérémonie. A seulement 20 ans, cette étudiante considère Simone Veil « comme une icône ». « Je retiens sa force de caractère après sa déportation et la perte de toute sa famille » appuie-t-elle.

De fait, la cérémonie de dimanche était aussi historique à ce titre : c’est la première fois qu’une déportée juive entre au Panthéon. Ce lundi, son cercueil sera descendu dans le 6e caveau, celui ou repose Jean Moulin, grande figure de la Résistance, mais aussi Jean Monnet, l’un des pères fondateurs de l’Europe. « Elle sera accueillie en égale dans cette famille » affirmait Emmanuel Macron. Une famille très élargie, puisqu’elle réunit de nombreux Français : « Chaque fois que je parle de Simone Veil, c’est comme si c’était ma grand-mère » assure Karine.

>> Lire aussi : Même avec Simone Veil, les femmes restent largement sous-représentées au Panthéon

 

Source de l'article : https://www.20minutes.fr/societe/2299695-20180701-simone-veil-pantheon-emotion-hommages-public-pendant-ceremonie
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