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Les Espagnols défaits après leur défaite aux tirs au but contre la Russie.
Les Espagnols défaits après leur défaite aux tirs au but contre la Russie. — Mladen ANTONOV / AFP

De notre envoyé spécial à Moscou,

L’Espagne telle qu’on l’a connue n’est plus. Punie par le style qui en a fait la meilleure sélection de ce jeu au 21e siècle, précisément le jour où elle a voulu l’abandonner. Iniesta sur le banc pour Asensio, le tiki-taka du Barça contre le vertige vertical du Real. Une idéologie qu’on laisse en chemin et qui finit par vous coûter un match imperdable. Plus de 1000 passes pour la Roja, record absolu depuis la Coupe du monde 1966. 1000 passes pour rien, ou si peu.

Un but contre son camp d’Ignasevich, et une occasion en prolongations pour Rodrigo, avant que De Gea ne dise adieu à son Mondial catastrophique? sur une séance de tirs au but à la Fantomas. L’Espagne n’a plus gagné un match à élimination directe depuis son triplé légendaire 2008-2010-2012. L’Espagne est perdue, et elle ne l’a toujours pas compris.

Après Xavi, c’est Iniesta qui s’en va

Luis Rubiales, le président de la Fédération, à côté de la plaque. « C’est un jour douloureux. On a été très supérieurs. Je le répète, on a été très supérieurs, pas un peu, très supérieurs, mais à la fin ce sport est tellement extraordinaire qu’il peut permettre à des équipes qui sont moins fortes de gagner un match comme celui-ci ». Il ne regrette pas d’avoir viré Lopetegui ? Tant mieux pour lui, tant pis pour Hierro, qui n’avait pas les épaules pour accompagner une idée du football qui se meurt en deux semaines. Lui au moins avait conscience du drame qui s’est joué à Moscou :

« Le foot a changé depuis 2012. Maintenant les équipes misent tout sur le jeu rapide en transition. J’entends qu’on puisse penser que notre modèle ne marche plus. Mais on doit jouer avec les caractéristiques que nous avons. Ce serait plus facile de balancer des longs ballons dans la surface et de miser sur les seconds ballons. Mais ce n’est pas comme ça que joue l’Espagne ».

Ce n’est pas encore comme ça, pour être plus juste. Les garants du style s’en vont les uns après les autres. Xavi au Brésil, Iniesta en Russie. Le formidable milieu catalan a commencé son dernier match de sélection sur le banc, et son entrée n’a pas rien changé à la possession anesthésiante de la Roja. Il s’est quand même fendu d’un message pour ses successeurs : « L’identité de jeu, c’est une question qui devra être tranchée par l’entraîneur qui aura l’équipe en charge et de ses choix tactiques. C’est indiscutable que le style qui nous a donné tant de victoires a été très marqué. Le style, ce sera les joueurs que tu veux avoir ou que tu ne veux pas avoir ». Reste à savoir ce qu’on veut. Sortie sans gloire par la 70e nation au classement mondial qui n’avait pas grand-chose d’autre à proposer que du courage et des Cojones, l’Espagne n’en sait foutre rien.

Source de l'article : https://www.20minutes.fr/sport/2299843-20180701-coupe-monde-2018-foot-change-depuis-2012-espagne-definitivement-abandonnee-style-jeu
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